Raid du gang des 400 Mawozo à la Croix-des-Bouquets

400 mawozo
400 mawozo

Des hommes lourdement armés du gang des « 400 Mawozo », selon des témoins, ont mené un raid à la Croix-des-Bouquets, samedi 26 juin 2021. Pendant de longues minutes, ils ont tiré et incendié plus d’une dizaine de véhicules garés dans les parages de « l’église de Dieu Béthel » alors que des résidents de la Croix-Bouquets et d’autres usagers de la route fuyaient en trombe ou prenaient leurs jambes à leur cou.

La vidéo d’un service de l’église en question a donné une idée des détonations, de la panique de fidèles qui se sont mis à couvert en courant et de la technique des assaillants pour distiller la peur.

« Ils ont brûlé 10 véhicules devant l’église du pasteur Esaïe pendant un enterrement », a rapporté un homme qui filmait des carcasses de véhicules incendiés dont un camion, un bus de transport de passagers et des véhicules privés.

La panique provoquée par le raid des bandits des 400 Mawozo s’est étendue au-delà de Tabarre 27, a appris le journal. « 400 Mawozo, avec ce raid, a fait une démonstration de force et a confirmé sa main mise sur la Croix-des-Bouquets et de ses quartiers périphériques où ils ont installé leurs antennes », a confié une source sous couvert de l’anonymat, affirmant qu’il y a eu des morts lors de ce raids.

Réactions de la PNH

« Des unités spécialisées de la police nationale d’Haïti ont été déployées dans le centre-ville de la Croix-des-Bouquets en renfort aux policiers administratifs de la juridiction de ladite commune. Depuis ce matin, suite à la présence des hommes lourdement armés ayant provoqué un climat de tension dans la zone, la PNH a dû intervenir pour prendre le contrôle de la situation. Les malfrats ont été repoussés et pour l’instant le calme est rétabli. 

Aucune des installations de police (commissariat et sous-commissariat n’ont été l’objet d’attaques », a indiqué la PNH dans deux tweets, samedi après-midi, sans évoquer les dégâts.

« La Police Nationale fidèle à sa mission a pris toutes les mesures pour identifier ces individus en vue de les mettre hors d’état de nuire », a indiqué un autre tweet après ce raid des hommes des 400 Mawozo qui, par la force de leurs armes, ont franchi cap après cap jusqu’à étendre leur influence à tout l’Est de Port-au-Prince, loin de leur point de départ.

Le gang des 400 Mawozo avait défrayé la chronique au début du printemps après le kidnapping de 11 personnes dont au moins 6 religieux. Du nombre de ces religieux, on dénombrait deux ressortissants français.  

 « On est en situation de guerre »

L’ex-colonel Himmler Rébus, interrogé par le journal avant ce raid, avait indiqué que nous sommes dans « une situation de guerre » avec une capitale assignée par les bandits. « Techniquement Port- au-Prince est une capitale assiégée. Du Morne des enfants perdus en passant par Galette Roche Blanche, Laferronay, on aboutit à la Croix-des-Bouquets qui jouxte Canaan. C’est le même topo pour l’axe Cornillon, Grand-Bois Thomazeau. Il en est de même pour tout ce qui vient du Plateau Central ou du Nord. La route 9 qui prolonge le Boulevard des Américains aboutit à Martissant en passant par Cité Soleil. Martissant est le Carrefour régulateur de 4 départements. La seule sortie de Port-au-Prince était l’axe Kenscoff-Furcy- Seguin-Cayes- Jacmel. Laboule contrôlée, il ne reste qu’une seule bretelle », a longuement détaillé Himmler Rébu.

« Ce travail, a-il poursuivi, ne peut pas être l’œuvre de simples bandits. Ces “simples bandits” disposent d’armes de guerre et ont l’avantage de la puissance de feu par rapport à la police. Le système logistique alimentant les “bandits” en armes et en munitions relève du classique militaire ».

Himmler Rébu avait souligné que l’on est « face à d’un problème technique tributaire de choix essentiellement politiques ». « Aucun État ne peut abriter suffisamment d’ignorants pour construire, par hasard ou négligence, une telle superstructure. On est face à un choix politique », a-t-il estimé. 

Comment peut-on résoudre ce problème ?

« Un problème politique ne se résout que par la politique.  Là, on rentre dans la théorie des rapports de force. On souffre oui mais…on va souffrir. On ne se rend pas encore compte mais, on est bien en Syrie avec un Bashar al-Assad des tropiques », a dit Himmler Rebu. « De nombreux politiques ont béatement compté sur les Américains pour nous sortir du bourbier. C’est oublier que les Américains n’utilisent pas leur armée pour des raisons morales ou humanitaires. Ils font le commerce de la sûreté. C’est eux qui font le trafic des armes et des munitions. Le Homeland security aux États-Unis serait brusquement nul au point de perdre le contrôle sur les mouvements des armes et des munitions sortant des ports et aéroports américains ? Mon œil ! », a déclaré l’ancien officier des FAD’H, leader du Greh, auteur d’un coup d’Etat raté contre Prosper Avril et écrivain. 

 Pour résoudre le problème, Himmler Rébu croit que « des politiques de haut vol capables de comprendre et de pouvoir renverser le jeu des intérêts » doivent intervenir. « Il me semble qu’ils ne sont pas très nombreux. À moins que le propriétaire des chiens lancés à nos trousses en arrive à perdre leur contrôle. Dans le cas présent, il faut des officiers de haut calibre pour créer une masse critique mobilisant les forces haïtiennes de l’extérieur comme l’avait fait le Général De Gaulle », avait  expliqué Himmler Rébu en soulignant que « l’on est en situation de guerre ». 

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